Yannic Bartolozzi

There is a strong activity just above us

 

Tout commence en février 2015, au nord de la Norvège, au Centre Spatial d’Andoya. Nous attendons depuis presque deux semaines que l’heure H vienne pour envoyer la fusée ICI-4 dans une aurore boréale. La météo est mauvaise et il ne reste que quelques jours avant la fin de la fenêtre de lancement. Mais finalement, le vent se calme, le ciel se dégage et le phénomène lumineux apparait juste au-dessus. Les conditions météorologiques et scientifiques sont enfin réunies pour le lancement, et la fusée décolle vers l’espace.

C’est un projet scientifique international qui réuni la Norvège, l’Allemagne, le Japon, le Canada et la France. Ce genre d’expérience permet l’étude des phénomènes qui appariassent dans l’atmosphère et la ionosphère. La mission principale de la fusée ICI-4 est d’analyser et comprendre, entres autres, comment et pourquoi les activités magnétiques polaires perturbent les informations GPS qui sont transmises par satellites vers la Terre. Ces  données sont importantes car, à titre d’exemple, avec la fonte des glaces et l’ouverture de l’Arctique, le nombre de bateau qui y naviguera va augmenter de manière significative, et ils auront besoin d’informations GPS fiables pour se diriger sans encombre, même lors de tempêtes magnétiques.

Entre 2015 et 2017, je repars à nouveau au nord de la Norvège, au Spitzberg et en Alaska, pour visiter d’autres sites spécialisés dans l’exploration des phénomènes arctiques qui se produisent entre la terre et l’espace. Les installations utilisées pour y accéder sont; les gigantesques paraboles EISCAT, des observatoires qui filment en permanence le ciel et peuvent également envoyer des laser LIDAR dans l’atmosphère, le nouveau système de radar SuperDARN mis au point pour étudier les tempêtes magnétiques, les sites de lancement de Poker Flat Range en Alaska, celui d’Andoya en Norvège et encore celui de Ny-Alesund au Spitzberg qui permettent d’envoyer des roquettes au cœur des phémomènes étudiés. En plus des moyens terrestres, des satellites permettent d’analyser ces phénomènes depuis les hauteurs.

En m’inspirant des récits de Jules Verne, j’utilise la photographie pour reconstruire un univers fictif fondé sur des faits et des expériences réels, où les circonstances semblent pousser la science vers la fiction, voire vers la science-fiction. Le parti-pris montre le scientifique et les moyens dont il dispose comme un explorateur des temps modernes, se confrontent à un inconnu aux dimensions infinies.