Yannic Bartolozzi

Explorateurs

 

Travail réalisé pour l’enquête photographique valaisanne EQ2

Yannic Bartolozzi s’est lancé le défi de suivre les pèlerins de la technique qui captent le solaire dans un paysage fait pour le brouillard. Les fourrures ont laissé la place au Goretex. L’alpiniste conquérant a sur sa poitrine le X du croisé de la technologie. Il semble égaré dans son ambition de comprendre, perdu dans l’immensité d’une feuille blanche où les hélicoptères se la jouent moustiques.

Se suivre à la trace, se lier l’un à l’autre, planter les piquets, les bâtons, les pieux. Faire glisser les skis et sans doute le désir d’être soi-même autre chose que le suivant d’un suivi.

En haute montagne la volonté est verticale, elle est suspendue au câble comme autant de liens nécessaires avec le désir de contrôler, de prendre la mesure. Le béton a la prétention et la fragilité pathétique de celui qui veut tout voir, tout savoir au travers d’un hublot. On a construit des canonnières et des forteresses pour les soustraire au regard. Prométhée est glacial et peut être frigide. Son jet est futile. Lorsque la neige tombe en poussière infime, on sait que dans l’immensité des temps nos vies éparses se ramassent à la balayette comme des miettes et fondent au soleil comme les glaciers. Alors, vite, il faut tout mettre en boîte et ranger les boîtes. Mettre en fiche, remplir des cases, tracer des lignes, des tangentes, obsession de la ligne, de la droite alors que tout invite à la courbe et à la paresse. Il y a chez le scientifique quelque chose du photographe en quête de l’impossible objectif, du sujet qu’on pourrait maîtriser, réduire, résumer. Et vice versa. C’est ainsi que le monde tient dans un IPhone qui dit le temps qui passe et le temps qui fait.

 

Texte: Gabriel Bender

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